Heures supplémentaires en pharmacie : calcul et majorations
Avoue-le, tu as déjà eu l’impression qu’il fallait un doctorat en mathématiques (ou en divination) pour comprendre ta fiche de paie à la fin du mois. 🤯
Entre le ressenti de tes journées à rallonge au comptoir et ce qui tombe réellement sur ton compte en banque, il y a parfois un monde. Et ce monde, c’est souvent celui du calcul nébuleux des heures supplémentaires.
On ne va pas se mentir : en pharmacie d’officine, les horaires peuvent vite déborder. Mais est-ce que tu es sûr d’être payé à ta juste valeur pour ce temps précieux que tu donnes à tes patients ?
On va faire le point ensemble. Fini le flou artistique, place au concret. Voici tout ce que tu dois savoir pour ne plus perdre un centime sur ton salaire. 💸
Heures supplémentaires en officine : définition et décompte

Définition (histoire d’être tous d’accord) :
En France, le temps de travail effectif légal pour un temps plein est fixé à 35 heures par semaine, ce qui correspond à 151,67 heures par mois sur ta fiche de paie. Jusque-là, c’est facile.
Dès que tu dépasses ces fameuses 35 heures, félicitations : tu entres officiellement dans le territoire des heures supplémentaires. Mais attention, c’est à partir d’ici que 90 % des gens se trompent ! 🛑
Décompte des heures supplémentaires
On a tous le réflexe de regarder notre total d’heures à la fin du mois pour décompter le nombre d’heures supplémentaires réalisées . Grosse erreur ! 😱
En droit du travail, et donc dans ta pharmacie, les heures supplémentaires se décomptent à la semaine, et uniquement à la semaine.
Il faut donc décompter le nombre d’heures supplémentaires réalisées chaque semaine (pas le nombre d’heures supplémentaires totales réalisées dans le mois)
Pour être plus précis, chaque semaine commence le lundi à 0 h et se termine le dimanche suivant à 24 h.
Pourquoi c’est important ? Parce que cela change tout pour le calcul des majorations à appliquer et donc pour ta rémunération.
Rendez-vous dans la partie suivante pour l’atelier calcul 😊
Calcul des majorations : combien vas-tu gagner en plus ?

C’est le moment de sortir la calculatrice (ou ton smartphone). 📱 Une fois que tu as décompté tes heures semaine par semaine, voici combien elles valent..
Le principe
Les heures supplémentaires donnent droit à une majoration de salaire :
- + 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires/semaine (de la 36e à la 43e heure incluse)
- + 50 % pour les heures au-delà de la 8e (à partir de la 44e heure).
Et si on prenait un exemple ? 🎨
Tu as fait 23 heures supplémentaires sur le mois réparties de la façon suivante :
-Semaine 1 : 0h supplémentaires
-Semaine 2 : 3h supplémentaires
-Semaine 3 : 9h supplémentaires
-Semaine 4 : 11h supplémentaires
Si tu prends juste le total mensuel de 23h supplémentaires et que tu appliques les majorations de 25% et 50% sans regarder le détail des semaines, le calcul est faux.
C’est pour ça qu’il faut faire le calcul rigoureux ci-dessous ! 🧮
- Semaine 1 : 0h supplémentaires
-0h majorée - Semaine 2 : 3h supplémentaires
-3h majorées à 25% - Semaine 3 : 9h supplémentaires
-8h majorées à 25%
-1h majorée à 50% - Semaine 4 : 11h supplémentaires
-8h majorées à 25%
-3h majorées à 50%
Au total, sur le mois, tu as donc 19h supplémentaires (3h+8h+8h) majorées à 25% et 4h supplémentaires (1h+3h) majorées à 50%.
💡 Le conseil en + : Si tu veux connaitre la valeur en € de tes heures majorées, tu dois connaître ton taux horaire exact. Pour cela n’hésite pas à consulter notre article sur les grilles de salaires en pharmacie.
Le repos compensateur : l’alternative au paiement

L’argent, c’est bien. Mais le temps libre, c’est parfois mieux (surtout après une longue semaine). 🏖️
La convention collective nationale de la pharmacie d’officine est plutôt cool là-dessus : elle te laisse le choix. Tu peux demander à remplacer le paiement de tes heures sup’ (avec majoration) par du repos (sans majoration).
La règle des 7 heures
Attention, tu ne peux pas poser 1 heure de repos par-ci par-là. Pour débloquer ce droit, tu dois avoir cumulé un minimum de 7 heures supplémentaires dans ton “compteur”.
Une fois ce seuil atteint, tu as 2 mois maximum pour prendre ton repos, soit par journée entière, soit par demi-journée.
La procédure (pour rester carré) 📝
Pas question de ne pas venir un matin en laissant un post-it. Ça demande un minimum d’organisation :
- Tu fais ta demande au titulaire au moins 7 jours calendaires à l’avance (date et durée).
- Le titulaire a 7 jours pour te répondre.
S’il ne peut pas t’accorder le repos à la date que tu souhaite (impératif de service), il doit te proposer une autre date dans les 2 mois.
Le “Mix” gagnant : Repos + Argent
Le savais-tu ? Tu n’es pas obligé de choisir tout l’un ou tout l’autre. Le repos compensateur peut ne remplacer qu’une partie de tes heures.
Exemple concret : Tu as accumulé 12 heures supplémentaires le mois dernier. Tu es fatigué, mais tu as aussi envie de te faire un petit plaisir shopping. 🛍️
Tu peux décider de :
- Poser 1 journée de repos (soit 7 heures déduites de ton stock sans majoration).
- Te faire payer les 5 heures restantes (avec la majoration qui va bien).
C’est toi qui gères ton équilibre vie pro / vie perso !
Les limites légales : jusqu’où peut-on aller ?

Faire des heures sup’, c’est bien pour le porte-monnaie, mais tu n’es pas un robot. 🤖 Le Code du travail et la convention collective posent des garde-fous pour protéger ta santé (et ta vie sociale).
Voici les 3 chiffres clés à retenir pour ne pas frôler le burn-out :
- Le plafond annuel : 150 heures. C’est le quota d’heures supplémentaires que tu peux réaliser par an. Au-delà, c’est beaucoup plus compliqué (autorisation de l’inspection du travail, repos compensateur obligatoire de 50% ou 100% en plus des majorations…). Bref, c’est la limite standard.
- La journée maximale : 10 heures. Tu ne peux pas travailler plus de 10 heures effectives par jour.
- L’amplitude horaire : 12 heures. C’est la durée maximale entre le moment où tu arrives à l’officine et le moment où tu repars le soir (pauses incluses). Exemple : si tu commences à 8h, tu dois avoir fini ta journée à 20h maximum.
D’autres règles existent (repos quotidien de 11h consécutives, repos hebdomadaire, durée maximale hebdomadaire…). Si tu veux devenir incollable sur le sujet, jette un œil à notre article détaillé sur les durées de travail, temps de repos et travail de nuit en pharmacie d’officine.
Temps partiel : attention, ce ne sont pas des heures sup’ !

Si tu es à temps partiel, oublie tout ce que tu viens de lire (ou presque). 🤯
Pourquoi ? Parce que juridiquement, tu ne fais pas des heures supplémentaires, mais des heures complémentaires. Et la nuance est de taille sur ta fiche de paie.
Les règles du jeu à temps partiel
- C’est à la carte (mais limité) : Tu ne peux faire des heures en plus que si c’est prévu dans ton contrat de travail. Pas d’improvisation ! Et surtout, tu ne peux pas dépasser 10 % de la durée de travail prévue à ton contrat (hebdomadaire ou mensuelle).
–Exemple si ton contrat mentionne 20h/semaine : tu ne peux pas faire plus de 2h complémentaires par semaine.
–Exemple si ton contrat mentionne 100h/mois : tu ne peux pas faire plus de 10h complémentaires par mois. - Le tarif unique : + 15 % 💸 Ici, pas de palier à 25 % ou 50 %. Chaque heure complémentaire réalisée est majorée à 15 %. C’est moins fun, mais c’est la règle.
- Le piège du repos compensateur ⚠️ C’est LA grande différence avec les temps pleins. Pour un temps partiel, la majoration ne peut pas être remplacée par du repos compensateur. Tu dois obligatoirement être payé pour ces heures. Pas de RTT magique ici.
Le mot de la fin

Voilà, tu sais maintenant (presque) tout sur les méandres des heures supplémentaires en pharmacie.
Ce qu’il faut retenir pour briller en salle de pause (et surtout vérifier ta paie) :
- Le décompte se fait à la semaine, pas au mois (c’est la base !).
- Les majorations sont de 25 % (jusqu’à 8h) et 50 % (au-delà).
- Tu peux choisir le repos compensateur (dès 7h cumulées).
- À temps partiel, on parle d’heures complémentaires (majorées à 15 %).
N’hésite pas à sortir ta calculatrice la prochaine fois que tu reçois ton bulletin de salaire. C’est ton droit le plus strict de t’assurer que chaque minute passée au service des patients est correctement valorisée. 💪

