Temps de travail et repos en pharmacie d’officine : le guide complet

Tu es pharmacien, préparateur ou étudiant et tu as parfois l’impression d’avoir élu domicile dans ton officine ? Entre les gardes qui s’éternisent, les collègues absents à remplacer au pied levé et les patients qui rentrent à 19h59 pour une ordonnance de trois pages… c’est souvent le flou total sur tes horaires.

On ne va pas se mentir, le temps de travail en pharmacie d’officine est un sujet sensible. Tu veux éviter le burnout, garantir la sécurité de tes délivrances et surtout connaître tes droits (ou tes devoirs si tu es titulaire) ? T’es au bon endroit.

Oublie le jargon juridique incompréhensible : on décrypte pour toi la Convention Collective et le Code du travail, sans langue de bois. C’est parti pour le guide de survie de ton planning.

1. AU QUOTIDIEN

Temps de travail et repos au quotidien

Chaque journée au comptoir est un marathon (debout, piétinement, charge mentale). Mais légalement, jusqu’où peut-on pousser le bouchon ? Voici les règles du jeu pour ton temps de travail en pharmacie d’officine sur une journée.

Le temps de travail maximum

La règle de base est simple : pour rester lucide et éviter de confondre Hydroxyzine et Hydrochlorothiazide, tu ne devrais pas travailler plus de 10 heures par jour (temps de travail effectif) dans une amplitude horaire de 12 heures maximum.

Attention à ne pas confondre le temps de travail effectif avec l’amplitude horaire ! C’est souvent là que le bât blesse.

  • Le travail effectif (Max 10h) : C’est le temps où tu bosses réellement.
  • L’amplitude (Max 12h) : C’est la durée qui s’écoule entre le moment où tu arrives le matin et celui où tu repars le soir, pauses comprises.
    Exemple : Si tu fais 9h-12h et 14h-20h avec une pause de 12h à 14h, tu as travaillé 9h (travail effectif), mais ton amplitude est de 11h.

Le temps de pause et d’interruption d’activité

Stop. Pose ce scanner. Lâche cette boîte de comprimés. Sur une journée de 10 heures, tu l’as bien mérité, non ? 😅

  • La règle des 20 minutes de pause (la base)
    -La loi est formelle : dès que ton temps de travail quotidien atteint 6 heures, tu dois bénéficier d’un temps de pause minimum de 20 minutes consécutives.

    Le « hack » de l’anticipation : Ce temps de pause peut être accordé par anticipation. Pas besoin d’attendre la fin de la 6ème heure pour souffler ! Exemple : si tu travailles de 14h à 20h, ta pause de 20 minutes peut être accordée à 17h pour couper l’après-midi. 😎

    Attention au piège : Cette pause (non rémunérée) doit être une vraie coupure. Tu n’es plus à la disposition de ton titulaire, tu ne réponds pas au téléphone et tu ne vas pas servir “juste un client rapide”. C’est ton moment.

  • L’interruption d’activité (la pause déjeuner)
    Souvent, les 20 minutes de pause minimum obligatoires sont intégrées dans un temps de pause plus long appelé temps d’interruption d’activité (par exemple une pause déjeuner de 12h et 14h).

    Mais attention à la nuance : s’il y a un temps de pause minimum (20 minutes), il y a aussi un temps d’interruption d’activité maximum :
    Pour un temps complet : L’interruption d’activité ne peut pas dépasser 3 heures (soit 2h59 de pause maximum), sauf accord spécifique entre les deux parties.

    Pour un temps partiel : C’est encore plus strict. L’interruption d’activité ne peut pas dépasser 2 heures (soit 1h59 de pause maximum).

Le temps de repos quotidien

Une fois ta journée terminée, tu ne peux pas revenir bosser immédiatement. La règle est stricte : tu dois bénéficier d’un repos quotidien de 11 heures consécutives minimum entre deux journées de travail.

Concrètement : Si tu finis ta journée à 21h00, tu ne peux légalement pas remettre les pieds derrière le comptoir avant 8h00 le lendemain matin. C’est non négociable, c’est ta santé qui est en jeu.

2. CHAQUE SEMAINE

Temps de travail et repos hebdomadaires

C’est bon, tu as tout compris pour la journée ? Parfait ! Maintenant, il faut regarder la vue d’ensemble : ta semaine. Car ton marathon hebdomadaire a, lui aussi, ses propres règles du jeu.

Le temps de travail hebdomadaire minimum (temps partiel)

Si tu es à temps partiel, attention aux “petits contrats”. La loi protège les salariés contre la précarité, mais la Pharmacie a ses propres règles (Accord du 2 octobre 2014) :

  • La règle générale officinale : Le minimum légal est fixé à 16 heures par semaine (et non 24h comme dans le droit commun). Pour le personnel d’entretien, le minimum est abaissé à 5 heures par semaine.

  • L’exception “Étudiant” : Si tu as moins de 26 ans et que tu poursuis tes études, il n’y a pas de minimum d’heures. Tu peux très bien avoir un contrat de 8h pour bosser le samedi.

Le temps de travail hebdomadaire maximum

Ici, il y a deux plafonds à surveiller comme le lait sur le feu pour rester dans les clous du Code du travail.

  • La limite absolue (le sprint) : Sur une seule semaine isolée, tu ne peux jamais dépasser 48 heures de travail. C’est la ligne rouge infranchissable, même si “il y a du monde au comptoir”.

  • La limite moyenne (le marathon) : Parce qu’on ne peut pas sprinter tout le temps, ta moyenne d’heures calculée sur une période de 12 semaines consécutives ne doit pas dépasser 44 heures par semaine.

En clair : Tu as le droit de faire une grosse semaine de 46h pour dépanner l’équipe, mais tu devras obligatoirement faire moins d’heures les semaines suivantes pour faire redescendre ta moyenne sous les 44h. C’est mathématique.

💡 Tu as dépassé les 35h par semaine tout en restant sous les plafonds évoqués ? Alors le compteur tourne ! Pour vérifier que tu es payé au juste prix, consulte notre article : 👉 Heures supplémentaires en pharmacie : calcul et majorations.

Le temps de repos hebdomadaire

Après l’effort, le réconfort. Quand est-ce que tu peux vraiment déconnecter du temps de travail en pharmacie d’officine ?

  • La règle d’or du Code du travail : 1 jour de repos obligatoire
    C’est le socle minimum imposé par le Code du travail : il est strictement interdit de travailler plus de 6 jours par semaine. Peu importe les gardes ou les heures supplémentaires exceptionnelles, tu dois obligatoirement avoir 1 jour de repos complet (24h) par semaine. En pharmacie c’est généralement le dimanche.

  • L’avantage de ta Convention Collective de Pharmacie
    Si le Code du travail impose 1 jour, ta Convention Collective est plus avantageuse via l’Accord RTT du 23 mars 2000 (Article 5). Ce texte impose une répartition du travail d’un temps complet sur 5 jours maximum, consécutifs ou non (sauf service de garde ou heures supplémentaires exceptionnelles qui pourront alors te faire monter ponctuellement à 6 jours).
    Concrètement, cela te donne donc droit à 2 jours minimum de repos complets par semaine. Ces jours de repos peuvent être consécutifs ou non.

Le mot de la fin

Temps de travail et repos en pharmacie d'officine : le guide complet 1 - Epitop Pharmacie

Connaître les règles du temps de travail en pharmacie d’officine, ce n’est pas être procédurier ou “embêtant”. C’est être professionnel. Un pharmacien ou un préparateur épuisé est un soignant qui risque l’erreur de délivrance.

Respecter les temps de repos, les pauses et les limites horaires, c’est avant tout garantir la sécurité de tes patients au comptoir.

Tu cherches une officine qui respecte vraiment ses équipes ? Ou tu as besoin de renforts pour soulager ton planning surchargé ? 👉 Rendez-vous sur l’application Epitop pour trouver les meilleures opportunités et faciliter ton parcours pro en pharmacie.

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